Bible et Commerce (3)

L’Écriture ne traite pas abstraitement de la question du commerce : le thème apparaît dans différents contextes concrets de la vie des hommes et des peuples.

Dans le vaste ensemble de prophéties de jugements contre les nations païennes du livre d’Ézéchiel (chapitres 25-32), les oracles concernant Tyr (en particulier le chapitre 27 et le chapitre 28 versets 1 à 19) détaillent l’activité commerciale internationale de la grande cité phénicienne et de son souverain.

La vision de la chute de Babylone dans l’Apocalypse (chapitre 18) reprend le langage d’Ézéchiel dans sa description des échanges commerciaux avec la liste des marchandises en circulation – liste qui se termine par la précision sinistre que dans la cargaison des « marchands de la terre », on trouve « des corps et des âmes d’hommes »…Ézéchiel a annoncé le jugement du peuple de Dieu (chapitres 1 à 24), mais les nations païennes environnantes qui ont été une occasion de chute pour Juda ou qui se sont réjouies de ses malheurs ne doivent pas se faire d’illusions : le SEIGNEUR est le maître de l’histoire et il saura le montrer.

Ce n’est pas parce que son peuple a été vaincu que Dieu ne gouverne pas le monde. Sa gloire n’est pas attachée au temple et subsiste même si celui-ci est détruit. Ce qui fait la joie, l’assurance, la sécurité des nations est illusoire si Dieu décide de se tourner contre elles. Dans le cas de la ville de Tyr, les échanges commerciaux avaient permis à la cité païenne d’acquérir une richesse époustouflante.

Les versets 12 à 24 du chapitre 27 décrivent Tyr comme le centre d’une activité dans laquelle des matières premières, des animaux, des esclaves, de la nourriture, des produits de luxe… se vendent et s’achètent pour la plus grande gloire de Tyr.

C’est l’intelligence et l’extrême habileté du souverain dans le commerce (28.4-5) qui ont permis un enrichissement aussi exceptionnel que celui décrit par le prophète.

Le commerce donne de l’importance. Celui qui s’y connaît se trouve situé au sein d’un réseau de relations dont chacune lui rapporte quelque chose. Les versets 1 à 11 du chapitre 27 racontent comment chaque nation a contribué à l’édification de la ville « qui commerce avec tant de peuplades et des îles sans nombre ». L’échange de toutes les marchandises fait de Tyr un pôle d’attraction, l’endroit où il faut être, le lieu où rien ne manque.

Et la tentation devient grande alors de se croire autosuffisant, d’aller jusqu’à se prendre pour Dieu. Dans ces conditions, le malheur de Jérusalem – qui était appelée la « porte des nations » et pouvait passer pour une rivale de Tyr – devient une occasion de réjouissance et la perspective d’un enrichissement encore plus grand (voir 26.2). Un concurrent qui se retrouve écrasé, voilà qui n’est pas une mauvaise nouvelle pour un commerçant…

Seulement, bien sûr, les « amis » que l’on gagne dans le commerce ne seront pas d’une grande aide au jour du malheur :si le vent tourne, ils se désoleront peut être de perdre ce qui leur profitaient dans la relation avec Tyr (voir 27.29-32 en comparant avec Apocalypse 18.11ss), mais cela ne les empêchera pas d’adopter à son égard l’attitude moqueuse qu’elle avait eu à l’égard de Jérusalem au temps de son malheur : « Ceux qui commercent parmi les peuples se rient de toi, et tu inspires l’épouvante. C’en est fini de toi. » (27.36) Pas de pitié dans le commerce…

Le souverain de Tyr a accumulé les richesses par son commerce et son coeur s’est élevé (28.5) ; son commerce prospère l’a entraîné à la violence (28.16) et il a commis de nombreux péchés dans son commerce malhonnête (28.18). Orgueil, violence et malhonnêteté : trois types de péchés qui semblent dangereusement fréquents quand le commerce réussit. Des avertissements solennels sur l’honnêteté dans le commerce doivent être soulignés de façon particulière lorsque l’on étudie le thème « Bible et commerce ».

Le Dieu de la Bible insiste assez régulièrement sur l’importance de ne pas tricher sur la marchandise dans les transactions commerciales : « La balance fausse est en horreur à l’Eternel,

mais le poids juste a sa faveur. » (Proverbes 11.1 ; voir le développement de Deutéronome 25.13-

16) ; ce qui est vrai du vendeur l’est aussi de l’acheteur.

C’est un péché que de dévaloriser une marchandise pour pouvoir la payer moins cher : « Mauvais ! mauvais ! dit l’acheteur tout en s’éloignant, puis il se félicite. » (Proverbes 20.14) Si on achète une terre qui doit être restituée à son propriétaire d’origine l’année du jubilé, il faut la payer en fonction du nombre de récoltes qui restent : il n’est pas question de « faire tort à son frère » ou d’ « exploiter son compatriote » en profitant de sa situation de faiblesse pour fixer arbitrairement et unilatéralement un prix injustement bas (Lévitique 25.14-17).

De même, Amos dénoncera ceux qui « achètent les indigents pour de l’argent, le pauvre pour une paire de sandales » et qui « vendent le déchet du blé » (8.6). Vendre un produit de mauvaise qualité ou pressurer les démunis parce qu’ils ne sont pas en mesure de négocier est une forme de violence dont le commerce humain est bien souvent rempli.

La violence peut s’exercer de façon physique ou dans les relations de pouvoir, lorsque le riche « met le couteau sous la gorge » du pauvre.

Cependant, en soulignant l’orgueil du souverain de Tyr, le prophète Ézéchiel nous donne, semble-t-il, la clé du problème du commerce dans un monde déchu – et, de façon générale, la clé du problème des nations dont il annonce le jugement. Le chapitre 28 décrit l’élévation et la chute du roi de Tyr en reprenant le langage du livre de la Genèse (Eden, le jardin de Dieu, la mention du chérubin, la sentence de mort prononcée sur le transgresseur…).

Le prophète dénonce la prétention humaine à se prendre pour Dieu – suite pour le prince de Tyr à la richesse acquise par son habileté commerciale – et sa vanité : « En face de ton meurtrier, diras-tu encore : Je suis dieu ? Tu resteras homme et non dieu sous la main de celui qui te tue. » (verset 9) Ce discernement est capital : il signifie que le coeur du problème n’est pas le commerce en lui même.

Comme toujours, le problème se loge dans le coeur de l’homme.

Si la balance fausse est en horreur à l’Eternel, le poids juste a sa faveur.

Il y a une manière juste de pratiquer le commerce ! L’argent n’est pas une réalité mauvaise en elle-même ou qui salirait nécessairement les mains de celui qui le touche.

Dans les faits, à cause de la méchanceté du coeur de l’homme, le commerce est presque infailliblement une occasion de chute pour ceux qui ne connaissent pas Dieu9… mais qu’en est-il quand Dieu intervient pour racheter son peuple ?

Quel impact le salut annoncé dans l’Ecriture a t-il sur le commerce ?

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