CHRIST PLUS GRAND QUE NOEL

Il m’a été rapporté qu’un couple de gens aisés qui, après plusieurs années de mariage, n’avaient toujours pas d’héritier. Mais un jour l’épouse se trouva en espérance. Tout le monde se réjouit à l’idée de cet heureux événement. Et vint enfin le jour où elle donna naissance à un fils. Quelques semaines passèrent et les parents firent une grande fête à laquelle de très nombreux amis furent conviés. C’était l’hiver et le portemanteau n’y suffisant plus, les vêtements furent déposés dans une chambre attenant au vestibule. Pendant le repas un des principaux invités prit la parole et dit : « Nous remercions nos hôtes de nous avoir invité pour cette grande occasion, mais maintenant est-ce qu’on pourrait voir l’héritier ? » La mère toute heureuse alla chercher le bébé dans son berceau mais quel ne fut pas son étonnement de ne pas l’y trouver. Et une servante engagée pour l’occasion à qui on demanda où était l’enfant répondit que comme il pleurait, elle l’avait changé de chambre et l’avait mis dans le lit des parents. Et là, on trouva le bébé étouffé sous un amoncellement de vêtements ! Pendant qu’on faisait la fête, on étouffait l’enfant.

Ne pensez-vous pas que c’est encore ce qui se passe aujourd’hui ? Le grand jour anniversaire de Noël éclipse et étouffe Celui dont c’est l’anniversaire. Quand on passe dans les rues et places de nos villes à cette période de l’année, que d’illuminations, de vitrines alléchantes ; que de victuailles proposées à notre gourmandise, de couleurs chatoyantes, quel ravissement pour les yeux. Partout la fête bat son plein, partout des guirlandes, des banderoles, des boules bariolées ; partout des sapins, des étoiles, des crèches, des miniatures, des santons de Provence, des mélodies évocatrices de la grande fête chrétienne ; partout des vendeurs, des acheteurs emportant des paquets-cadeaux emballés avec soin, rentrant frileusement chez eux pour y trouver la douceur du réveillon en famille et l’odeur des fumets alléchants. Noël a grandi assurément. Si un cataclysme s’abattait soudain sur notre occident, figeant notre civilisation dans l’immobilité éternelle, et que dans dix ou vingt siècles des archéologues exhumaient des décombres ce qui se fait dans ces journées de fête, ne diraient-ils pas devant ces vestiges retrouvés : Que ces gens étaient pieux !


Comme Dieu devait être bien servi !

Comme on devait s’aimer dans ces temps-là !

Comme il devait faire bon vivre !

Comme ils étaient heureux !

Hélas, nous qui vivons aujourd’hui, nous savons que tout cela n’est que façade. Ceux qui sont seuls vivent en cette période de fête la pire semaine de l’année. Les plus lucides font un maximum d’heures supplémentaires pour oublier qu’ils sont plus seuls que jamais ; d’autres boivent jusqu’à plus soif pour s’étourdir et oublier. Pour la majorité Noël est devenu tellement grand qu’il cache presque tout entier un Christ devenu tout petit ou invisible. Qu’est-ce que Noël pour beaucoup ? un jour férié en plus, une fête chômée comme on dit en jargon technique ; c’est le départ des vacances et les sports d’hiver ; c’est la trêve des confiseurs ; c’est, au mieux, le service de minuit qu’on suit à la télé pour entendre « Minuit, Chrétien », mélodie que l’on n’écouterait pas si la musique était moins belle. Avec le Noël célébré à la manière des hommes, jamais je ne connaîtrais le vrai Dieu.Qui est Dieu ? me demanderez-vous ? Regardez à Jésus et vous connaîtrez qui Il est. N’a-t-il pas dit : « Celui qui m’a vu a vu le Père ».

C’est un Dieu qui s’intéresse aux hommes que nous sommes car en Christ il est venu naître comme un homme pour vivre au milieu des hommes au cœur même de leurs problèmes, de leurs péchés, de leurs circonstances. C’est un Dieu qui est humble et qui sait s’abaisser jusqu’à naître dans une condition plus humble que le plus humble des hommes ; c’est un Dieu qui veut partager avec les hommes sa gloire et ses richesses car en Christ, il s’est dépouillé jusqu’à la limite du dépouillement. « Lui qui était riche, il s’est fait pauvre afin que par sa pauvreté nous fussions enrichis » est-il écrit. Et ainsi, au travers du vrai Jésus, celui des Ecritures, nous voyons non seulement ce que Dieu est mais, par réflexion comme dans un miroir, nous voyons tout ce que nous ne sommes pas, tout ce qui manque à notre vie. La lumière de ses perfections à Lui jette une lumière dérangeante sur nos failles, nos lacunes, nos insuffisances morales, en un mot comme en cent, sur nos péchés. Mais l’avantage de la découverte de notre pauvre et misérable « moi », c’est qu’elle nous fait éprouver le besoin d’un Sauveur ; or c’est précisément cela qu’ont annoncé les anges : « Voici, dans la ville de David il vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur ». Car si dans les plaines de Bethléem, le ciel s’est ouvert pour saluer sa naissance, le même ciel s’est fermé au dessus de sa tête à Golgotha.

Le rendez-vous de Noël nous conduit au rendez-vous de la croix, non pas la croix que l’on porte au cou comme un talisman ou un bijou de famille, ni la croix des Calvaires qui se dressent solitaires le long des routes, mais à celle qui s’est dressée pour lui hors des murs de sa ville et où il a été cloué comme l’étaient les criminels. Et pour bien montrer ce qu’on pensait de lui, on l’a mis au milieu de deux brigands pour qu’il fasse le troisième. C’est là, dans sa dure et tragique réalité que s’achève le conte de Noël. Les prophètes qui avaient annoncé sa naissance se devaient d’annoncer et de décrire sa mort. Et ils l’ont fait de façon si descriptive qu’il est impossible de se méprendre quant à l’authenticité des récits qui nous sont rapportés. A la mangeoire de Bethléem répondent le ils ont percés mes pieds et mes mains, ils tirent au sort ma tunique, ils m’abreuvent de vinaigre, il a été mis au nombre des malfaiteurs. Aux vagissements du nouveau-né répond le Mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné du supplicié de Golgotha. Et ce grand Pourquoi qui traverse les siècles trouve sa réponse dans la voix des prophètes qui, après avoir si clairement annoncé sa naissance miraculeuse, ont donné l’explication de sa mort tout au long du chapitre 53 d’Esaïe dont je tire quelques extraits : « Il était blessé pour nos transgressions, brisé pour nos iniquités, le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, par ses meurtrissures nous sommes guéris, l’Éternel a fait retomber sur lui l’iniquité de nous tous, il s’est livré à la mort pour nous ». La somme de toutes ces prophéties veut dire qu’à notre place il portait à la fois nos péchés et le jugement qui devait nous atteindre . Ayant ainsi satisfait les exigences de la justice éternelle qui réclame la mort pour le péché, Dieu pouvait pardonner au brigand qui mourrait repentant et il pouvait lui dire : *Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis ». Si par sa vie Jésus nous faisait connaître le ciel, par sa mort expiatoire, il nous ouvrait le ciel.

Prédications de Fernand Legrand www.info-bible.org« .