FERNAND LEGRAND NOUS A QUITTES

Le 17 décembre 2010, Fernand LEGRAND est parti rejoindre son Sauveur et nous a quittés à l’âge de 83 ans. Il nous laisse, à travers ses nombreuses prédications, où à chaque mot nous pouvons voir son amour pour Dieu, un trésor à partager. Ces dernières continueront encore longtemps
à témoigner à travers le monde francophone de sa foi en Jésus-Christ.

Modestement, notre blog souhaite, comme d’autres, être un relais de ces messages puisés à la source de la Parole de Dieu, la Bible.

Lisons avec d’autant plus d’intérêt, la suite du témoignage de notre frère.

 

TEMOIGNAGE DE FERNAND LEGRAND 2/4

Révolte

Le petit Rouquin que j’étais grandissait et ne pouvait rester plus longtemps sous la tutelle maternelle. Je devais avoir onze ou douze ans quand j’ai fait une mini fugue le temps d’une demi-journée. De retour à la maison pendant la nuit, j’ai déclaré tout de go que je n’irais plus au culte. Cela fit un tollé d’envergure à la maison. Il y eut des menaces, mais j’ai tenu ferme avec l’aide de mon père qui s’était mis de mon côté.

Ma mère, la mort dans l’âme, me vit prendre le chemin large qui conduit à la perdition (Mat. 7.13-14). Quant à moi, mon opinion sur le chemin large était tout autre que celle de ma mère. C’était la seule voie qui pouvait me convenir et je n’allais pas m’en priver.
Un jour, je suis entré pour la première fois dans un cabaret et j’ai commandé un verre d’eau gazeuse que j’ai vidé bravement jusqu’au fond. Par la suite, bien que je ne sois jamais devenu un disciple du Capitaine Haddock, je me suis orienté vers des boissons moins inoffensives.

Le monde était à moi et moi au monde. Je courais les spectacles, je m’amusais comme un fou, et je rentrais à la maison le soir avec le cœur tout plein de vide. Quand les bruits et les lumières de la fête s’éteignaient, ma joie s’éteignait aussi et je me retrouvais tout seul avec moi-même.

Alors, la morsure du doute me faisait me poser des questions: Est-ce bien là le chemin du bonheur? Ça ne fait rien, me disais-je, la prochaine fois je mettrai les bouchées doubles et je serai heureux.

La Guerre

Je fais un petit retour en arrière, un flash-back comme on dit aujourd’hui, pour les besoins de la chronologie. La guerre arriva avec son inévitable cortège de misères, de souffrances et de privations. L’offensive allemande de mai 1940 me vit descendre dans le Midi avec des milliers d’autres réfugiés. Plus d’une fois, alors que les « pruneaux » tombaient, j’avais la chair de poule et la peur au ventre. Mais, le premier orage passé, je suis rentré dans le foyer que la guerre avait épargné et je me suis installé comme tant d’autres dans les privations des années d’occupation. Si je n’ai pas connu la disette, grâce à la débrouillardise de mes parents, j’ai vécu quand même des moments où la faim me tiraillait péniblement l’estomac. C’était l’époque où tout ce qu’on pouvait se mettre sous la dent était le bienvenu. Un jour j’ai mangé du chat. C’était un chat qui nous avait volé des côtelettes… Mais l’histoire serait trop longue à raconter. J’ai récupéré les côtelettes perdues en mangeant le chat.  » Œil pour œil « … côtelette pour côtelette! C’était, je vous l’assure, un fameux lapin que ce chat !
Quinze ans, c’est l’âge où les garçons grandissent vite. Je n’ai eu qu’un seul costume en quatre ans. Les manches du veston m’arrivaient entre le coude et le poignet. Les pantalons ne me descendaient à hauteur des chevilles que grâce à d’interminables bretelles. Mes souliers avaient été faits par mon père avec de la vieille garniture de fauteuil et des pneus d’automobile. Mais comme beaucoup étaient logés à la même enseigne, je m’en consolais comme je le pouvais en tournant la chose en rigolade.
La libération tant attendue ne m’apporta aucune libération intérieure. Ne trouvant pas d’autre débouché pour me sortir de moi-même, je m’enfermais dans une imagination débridée que je peuplais d’exploits qui, tous, se voulaient nobles et généreux. Je passais des heures à rêvasser de la sorte. C’étaient là les seuls moments où je tenais le beau rôle!

Bientôt j’ai senti que j’étouffais dans mon petit cercle. Il fallait donc l’agrandir en prenant le large et pour de bon.

RETROUVER TOUT CE QUI CONCERNE FERNAND LEGRAND SUR LE SITE INFO-BIBLE

http://www.info-bible.org/legrand/index.htm