Lettre d’un soldat protestant 1914/1918

Logo centenaireJohn Bunyan et la douce et parfaite paix de Dieu

Nous « fêtons » en ce moment le centenaire de la guerre de 14/18. Au delà de nos opinions et de notre position concernant la guerre, chacun pouvant défendre sa vision au regard de sa compréhension des enseignements bibliques, il y a à travers les lettres de ce chrétien mort pour la France, des choses à apprendre pour nous aujourd’hui .

Le 10 mai 1915

« La journée d’hier fut bonne ; nous étions au repos, un repos relatif toutefois. L’après-midi et le soir, plusieurs amis et moi, nous avons pu nous rassembler pour lire quelques versets de cette parole, de laquelle il est écrit : «L’entrée de tes Paroles illumine, donnant de l’intelligence aux simples» (Ps. 119:130). Ah, que je suis heureux d’avoir ma Bible ! C’est ma meilleure compagnie, chère Bible ! Elle en a déjà bien vu ! Lors de ma blessure, elle me fut merveilleusement conservée. Dans ma dernière carte, je te disais n’être pas bien. J’ai passé, en effet, quelques jours un peu pénibles. Je ne mangeais pas, et le peu que je prenais, je le rejetais et souffrais assez, et avec tout cela il nous fallait fournir des marches assez longues. Nous devions nous arrêter six jours à Montzéville, mais le troisième jour nous partions déjà. Quoiqu’exempté de porter le sac, j’eus assez de peine d’arriver. Malgré cela, le même jour je dus repartir en autobus pour le village où le bataillon devait arriver le lendemain. Maintenant nous sommes dans ce village, au repos, en attendant la concentration des troupes. Selon toute probabilité, le corps d’armée en entier change de secteur ; mais aucun de nous ne sait où nous allons. Il se peut donc que mes lettres subissent du retard. Il ne faut pas t’en étonner, aussi longtemps que nous ferons des mouvements.

 Par la grâce de notre Dieu, je suis en pleine paix et bienheureux. Un moment, craignant que j’eusse à me servir de mes armes, j’en fus très exercé. À aucun prix, dut-il m’en coûter la vie, je ne le ferai. C’est pourquoi je ne cesse de crier à mon Dieu, de me préserver d’en venir là. Et si sa volonté était de pousser l’épreuve de ma foi jusqu’à ce point, qu’il me fasse la grâce de ne pas défendre ma personne, puis «être avec Christ est de beaucoup meilleur». Pardonne-moi de t’écrire des choses si tristes. J’ai tort ; mais si je ne te revoyais pas, crois fermement, chère tante, que je ne me serai pas rendu meurtrier pour me défendre. C’est ce que je demande instamment à mon Dieu, la grâce de ne pas me servir de mes armes ; et si je devais arriver à l’affreux corps à corps, d’avoir de Lui la force morale de me laisser transpercer. Il me délivrera, et Il sait de quelle manière. »

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